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VIP-Blog de hn
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  • Créé le : 23/07/2008 17:15
    Modifié : 23/07/2008 22:11

    Fille (19 ans)
    Origine : Dans l\'un de mes mondes =)
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    [ Méandres d'une Anti-Chambre ] [ Tumultes de l'esprit ] [ ~ Dreamers ~ ] [ ¤ Chroniques de Tarïn¤ ] [ RPG sur forum [persos et liens] ]

    Dark Lolita

    23/07/2008 18:51

    Dark Lolita


    De noir et blanc je suis vêtue
    Toujours aussi têtue
    Qu'avant la dérision
    Je laisse maintenant de côté la passion

    Reine du néant
    Cela me suffit
    Reine du tourment
    Cela me réussi

    Je ris avec dédain
    Des dangers qui me guettent
    Ne me souciant point
    De toutes ces bêtes

    Jusqu'à un pieds d'estale je me hisserai
    Dans une bulle je me barricaderai
    Et peu importe que le monde tourne encore
    Je ne me préoccuperai plus que de mon sort

    Eternelle indécise
    Triste promise
    Quoi qu'il arrive je demeurai
    Ce que j'ai toujours été

    Dark Lolita
    Bien malgré moi






    Eternelle lassitude

    23/07/2008 20:04

    Eternelle lassitude


    Lassitude vis à vis de tout, incertitude et désirs diffus. Là où d’habitude je réagis, aujourd’hui je me laisse faire. Là où j’aimais être présente et aider, je me plais à regarder. Spectatrice de la Vie qui vaux à ne pas être vécue ; je reste, contemplant ce monde au lieu d’y prendre part. Là où j’admirais la vie j’aime maintenant voir les choses dépérir. Cette vaine danse de la Vie, ce pas ultime avant le trépas, ou encore cet ultime soupire avant d’en finir. Souffrance des autres devenant indifférence, la mienne devenant jouissance.

    Une tâche rouge, goutte de sang tombée sur la neige, la souillant de sa couleur, un peu comme les hommes souillant la terre par chacune de leur existence. Goutte de sang à la couleur carmine. Goutte ayant tant de significations. Douleur et tristesse. Amour, passion et mort… C’est aujourd’hui quelques gouttes de ce liquide qui coule de mes veines, souillant ce blanc trop pur. Blanc qui maintenant tâché vous rappelle innocemment votre existence, vous rappelant ce que vous êtes et l’importance que vous avez : Aucune. Et si quand bien même certains viendraient à vous pleurez, nul doute qu’ils s’en remettraient. Vous n’avez pas la volonté de vivre, ni vraiment celle de mourir bien que la seconde paraisse bien plus attirante…

    Après tout c’est vrai qu’y a-t-il derrière notre mort ? Si il y a quelque chose… Et si ce que l’on dit est vrai…Peut-on vraiment revoir les êtres perdus qui nous étaient chers ? C’est avec espoir finalement que je m’en irai, espérant sans trop y croire revoir certains visages ou du moins reconnaître ceux que j’ai aimé dans leur manière de penser. Je ne compte pas me suicider…J’en ai fait la promesse. Mais ces questions qui m’assaillent de plus en plus fréquemment me font me poser de plus en plus de questions… Questions qui me montrent mon ignorance. Je me moque de connaître les « choses de la vie », je veux connaître des choses au stade supérieur… Celles de la mort en font partie.

    La mort est une étape obligatoire qui ne fait souffrir que les vivants… Pourquoi dès lors s’en préoccuper autant et tant en souffrir ? Parce que l’on perd un de nos repères en même temps qu’une vie ? Mais les repères se reprennent. Après tout n’est-il pas vrai que l’homme sait s’adapter ? La souffrance fait partie intégrante de la vie… Ceux qui restent après les morts souffrent bien plus qu’eux, pourtant les vivants les plaignent… ? A croire que l’homme est complètement con. Etrangement seuls ceux qui ont envie de voir le visage de la mort, ou qui lui sont indifférent comprennent vraiment qu’il ne sert à rien de pleurer ou de vouloir l’éviter… La mort est la finalité de toute vie et même si nous ne la comprenons pas, nous n’avons aucune raison d’en avoir peur. Personnellement et comme certains, je ne la recherche pas mais l’attend. Qu’elle vienne quand bon lui semble, je l’accueillerai à bras ouverts. En attendant je vais continuer…Non pas à vivre, à faire semblant, comme la plupart d’ailleurs.

    Je vais rire, pleurer, m’énerver, me calmer, aimer… C’est ce que tout le monde fait il me semble, ou croit faire… Hé bien j’essaierai de conserver ce masque que je me suis fixé. Ce masque assez compliqué pour que l’on croit à un original. Un masque que seule quelques personnes parviennent à m’enlever…Pourtant c’est un masque que je ne vais plus quitter. Il est bien plus simple, lorsqu’on attend quelque chose fixement, de ne pas faire d’efforts. Malheureusement, même faire semblant de vivre est extrêmement difficile…Je ne veux même pas savoir ce que vivre peut faire comme ravages.  





    Grandir

    23/07/2008 20:30

    Grandir


    Grandir… Grandir est le rêve de tout le monde, de tous les enfants, c’était mon rêve… Et mon cauchemar car c’est durant ce moment que notre vraie personnalité se forge et s’inscrit à l’encre indélébile, c’est à cet instant qu’elle se grave dans notre âme. Grandir est une chose difficile. On peut grandir à son rythme dans un équilibre certes fragile mais préservé. Hélas, beaucoup et de plus en plus de personnes ne trouvent plus l’équilibre nécessaire à cette évolution crutiale.

    Quand nos convictions, nos sentiments, nos rêves ou encore nos idées sont bafoués, sans crier gare erronés, vides de sens… Que doit-on faire à ce moment là ? Doit-on s’accrocher à ce monde imaginaire que l’on s’était créé, doit-on le rejeter en bloc et s’en créé un autre dans lequel on puisse être à peu près nous même ? Doit-on abandonner ? Je ne sais pas. De toutes les façons que se soit… Nous nous enfonçons dans l’irréel, dans le rêve, le virtuel. Nous… Enfin… Je ne sais plus vraiment où j’en suis, mon caractère change, mon corps change… Mes convictions… Si j’en ai eu, elles ne sont plus. J’ai eu pour m’épanouir un monde normal c’est-à- dire avec sa dose de souffrance et sa dose de joie.

    Je ne peux pas parler de bonheur, d’ailleurs personne ne le peut je crois. Le bonheur étant une chose irréelle, un espoir vain, une chose que l’on ne peut toucher qu’en atteignant un niveau de conscience tel que personne n’en a jamais été capable. La réalité nous rattrape quoi que l’on fasse et nous détruit ; la mort est universelle c’est vrai mais je ne parle pas de la mort physique…

    Lorsque notre âme au plus profond d’elle même est touchée, nous dépérissons petit à petit, nous laissons les autres vivres ce qu’ils appellent une " vie " et nous nous réfugions dans le monde que l’on s’était créé plus ou moins jeune car même inconsciemment, nous gardons une part de notre jeunesse, une part de "pureté". Je laisse libre court à mon imaginaire, à mes désirs… Un monde se créé sous mes yeux… un monde merveilleux, à explorer mais dans lequel j’ai néanmoins peur de vivre… Je préfèrerai vivre dans la réalité si elle était belle ou au moins vivable mais je crois que je manque de courage, je pense que je ne tiendrai pas. Pourtant il le faut si je ne veux pas entraîner dans ma chute d’autres personnes… Il faut que je tienne. Mais ça fait si mal, si mal de cacher cette vérité, si mal d’avoir grandit d’un coup, Si mal de toujours devoir se créer ce masque de sincérité, ce masque de normalité… Une crise de nerfs, une colère, un éclat de rires entre amis… Tout est faux. Ca me fais si mal ; si mal de me cacher la vérité, pourtant il faut que j’en soit consciente, que je réalise, que je l’accepte enfin mais que les autres eux ne voient rien. Je ne veux pas qu’ils se rendent compte que je suis incapable de vivre. Je ne veux entraîner personne avec moi, je ne veux que personne ne me pleure… Et surtout pas ceux qui ont appris et réussi à grandir, ceux qui ont appris et réussi à savoir vivre. C’est tellement dur pour certains qui ont dû faire tant d’efforts pour réussir, je n’ai pas le droit de les faire chuter, ils ne doivent pas plonger avec moi. En aucun cas…

    Pour cela il faut que je continue à jouer ce rôle que je me suis créer il y a déjà si longtemps, il faut que je continue à faire semblant de vivre, que je continue mon cirque, cette comédie, ce stupide mais si important jeu.

    On s’est pourtant très bien occupé de moi, j’ai eu beaucoup d’attention de la part de tous… J’ai beau chercher je ne trouve pas de solutions, je ne trouve pas la cause qui a fait de moi " ça ", la " chose " que je suis devenue. Pourquoi suis-je donc ainsi ? Je me dégoûte et ça me rend encore plus malade ! Mais j’ai décidé de me ressaisir ! cette époque est révolue ! Ou du moins je vais tout faire pour qu’elle le soit. Je me fous totalement de ce qu’il peut m’arriver maintenant, je vais tout faire pour vivre ! Même si j’enchaîne conneries sur conneries, je m’en tape, à partir de maintenant, je vais exister. Je vais m’éveiller… Oui, c’est sûr, je vais m’éveiller. Mais que l’éveil soit bon au mauvais… Moi seule apparemment suis en mesure de le décider.






    I = II

    23/07/2008 20:38

    I = II


    S'allonger d'abord puis fermer les yeux avant d'essayer de ne pas se dire qu'une fois de plus l'on ne dormira pas, qu'une fois de plus ce sera pire le lendemain. Finalement on laisse son esprit divaguer et nous entraîner toujours plus loin et après une durée plus qu'indéterminée, enfin l'on s'endort. Certes d'un sommeil agité mais l'on dort et même si notre esprit ne peut trouver un vrai repos notre corps lui remercie la pause qui lui est accordée. Le noir laisse place à une scène. Un rêve... Si il commence comme cela, il se transforme vite un cauchemar. Inaudible cauchemar qui vous tient en son emprise, révélant vos angoisses que pourtant vous maîtrisez si bien lorsque vous êtes éveillée.

    Finalement vous ouvrez les yeux, une lueur vide encrée dans vos yeux. Vous préférez de loin le rêve à la réalité. Malgré la frayeur que vous avez eu, vous auriez préférez ne pas vous réveiller et le poursuivre infiniment. Oui, c'est cela... S'endormir pour de bon... Sans forcément vouloir s'éteindre, juste un coma serait suffisant. Malheureusement vous êtes éveillée. Les yeux ouverts, vous ne bougez pas, votre esprit lui est déjà actif et se perd une nouvelle fois dans les méandres qui lui appartiennent. Vous n'avez plus aucune notion du temps et des bruits vous parviennent. Ils viennent de juste derrière votre porte mais vous n'avez pas envie de les écouter, vous n'avez pas envie d'aller à eux. Il le faudra pourtant et après quelques instants de plus, vous vous levez, essayant de faire votre possible pour ne parler à personne. Faisant votre possible pour rajuster au mieux votre masque. Vous savez bien, celui qui dit que toujours tout va bien...

    A peine quelques minutes après que vous vous soyez levée tout recommence encore. Les cris, les pleurs et vous au milieu qui devez demeurer fort, qui devez demeurer tel un pilier auquel s'appuyer. Mais vous enragez de cette situation, elle vous étouffe et la colère qui monte chaque fois plus haut vous oppresse. Vous allez dans la chambre des petits pour les rassurer, les calmer, leur dire que tout va bien. Pour qu'ils oublient, vous les emmenez faire un tour. Lorsque vous revenez, rien n'a changé. Encore et toujours ce même dessin sous vos yeux fatigués, encore et toujours ces mêmes sons qui vous arrachent les oreilles. Ah! L'un s'en va. Pourtant ça ne s'arrête pas, tout continue toujours plus fort comme si malgré l'absence de son interlocuteur, il criait encore plus fort pour le lui faire entendre. Et vous, coincé là êtes obligée de supporter cela.

    Une fois, deux fois... La colère vous gagne. Vous tentez de vous tempérer en vain. Il ne faut pas exploser, ce serait la porte de sortie de lui... De l'autre... Vous prenez la parole sèchement peut-être mais toujours en tentant de garder en vue la raison et ses principes. Celui en face de vous vous insulte, il ne semble pas en avoir lui, de principes. Vous haussez le ton une fois, puis une seconde et le premier coup part... Vous le recevez tel un coup de fouet mais étrangement ne sentez rien... Rien sinon une étrange délivrance. Tout vous semble soudain lointain pourtant vous êtes toujours debout face à lui. Une lueur haineuse et malsaine s'est allumée dans votre regard. Vous ne la voyez pas vous-même mais la ressentez. Elle n'émane pas de vous pourtant...Pas réellement de vous. Scrutant un instant la personne, vous lui répondez comme si rien ne s'était produit, une nouvelle fois elle frappe, cette fois-ci plus fort... Cette fois-ci pourtant, vos lèvres ont esquissé un léger sourire. Vous vous amusez follement. Oui malgré ces risques, malgré cette colère, votre haine est bien trop forte, vous vous amusez de lui qui n'a que des muscles pour se faire comprendre. Il réessaie de frapper, vous ne bougez pas, prête à recevoir cet autre coup. Poings serrés cependant, vous pensez à tout ce que vous auriez donné pour avoir un couteau sous la main...





    Partie I _ Rêve premier

    23/07/2008 20:51

    Partie I _ Rêve premier


    Lentement, une jeune femme ouvrit les yeux. Les refermant un instant à cause du sommeil persistant, elle mit un certain temps avant de voir plus clairement l’endroit dans lequel elle se trouvait. Elle ne le reconnaissait pas. Se redressant en sursaut, elle jeta un coup d’œil circulaire à la pièce. Petite et sombre, quelques ombres étaient projetées sur le mur par l’éclat argenté de la lune. La pièce était des plus simples, une sorte de grande armoire un peu comme celles des grands mères, un petit bureau, un tapis sur le sol juste devant le lit, lit sur lequel elle était assise. Elle n’avait pas le souvenir d’avoir vu un tel endroit et encore moins d’y avoir passé la nuit. Où était elle donc tombée encore ? Se levant doucement, elle se crispa soudain entendant le parquet craquer.  Rien de tel pour éveiller toute une maison. Tout lui paraissait étrangement calme. Trop calme en fait. Faisant le plus doucement possible, elle fit quelques pas de plus vers la porte qu’elle atteignit sans plus d’encombres. Tendant l’oreille quelques secondes, elle soupira et sa respiration lui sembla étrangement bruyante, comme si les lieux eux-mêmes n’étaient plus habitués à être habités. Pourtant la maison paraissait entretenue, ou du moins la chambre. Prenant sur elle, elle posa la main sur la poignée qu’elle tourna. La porte s’ouvrit presque d’elle-même et la jeune femme pu pénétrer dans l’autre pièce. Une sorte de salon à l’ancienne puisqu’il était organisé autours d’une grande cheminée qui réchauffait l’âtre en diffusant une douce chaleur. La jeune femme demeura un instant le regard rivé sur les flammes. Tant de questions se posaient mais elle avait l’étrange intuition qu’elle n’aurait pas de réponse maintenant. Le regard un peu perdu dans le vague, elle n’entendit pas les bruits de pas précipités qui s’approchaient de la maison et ce ne fut que lorsque l’on frappa brusquement à la porte qu’elle sursauta, reprenant pieds à la réalité. Une forme se redressa soudain du divan pour aller vers la porte mais s’arrêta subitement en voyant la jeune femme. C’était une autre femme qui se trouvait là devant elle, une femme plus âgée au regard vif. Sans un mot pourtant, elle alla à la porte et ouvrit.

     

    -     Que se passe-t-il ?

    -          Une sentinelle les a repéré, ils seront bientôt là, il faut y aller.

    -          Tu as prévenu les autres ?

    -          Oui, c’est en cours.

    -          Bien, continue, on se retrouve au point de rendez vous.

    -          Bonne chance.

    -          A toi aussi. »

     

     

    La jeune femme un peu perdue ne comprit pas grand chose à l’échange qui venait d’avoir lieu. En fait elle ne comprenait rien du tout et tout cela ne pouvait que lui paraître bizarre. La femme plus âgée se tourna vers elle et lui fit signe de la suivre, avant de prendre la parole d’un ton serein.

     

    -          Je m’appelle Syl’ïn, je suis une des responsables de ce village, enfin, des personnes qui sont là. J’ai le regret de t’annoncer que je ne pourrai pas répondre à la plupart de tes questions, simplement car nous nous posons les mêmes.

     

    Pendant qu’elle parlait, elle rassemblait quelques vêtements et vivres à ce qu’il paraissait puisqu’elle enfouit un morceau de pain dans un baluchon et tendit le tout à la jeune femme qui toujours perdue, le prit sans broncher. La femme répondant au nom de Syl’ïn répéta la même opération pour elle tout en continuant.

     

    -          Tu dois te demander au moins ce qu’il se passe et cela je peux à peu près le dire. Déjà, ne fais confiance qu’aux femmes ou aux quelques hommes qui ont une marque. Si jamais tu croises un homme qui ne l’a pas, fuit sans te poser de questions. Nous n’avons jamais revu ceux et celles qu’ils ont attrapé et…

    -          Mais de qui parlez vous ?!

     

    Un peu agressive certes comme manière de poser une question mais au fur et à mesure que Syl’ïn parlait, la nouvelle venue s’était rendue compte qu’elle ne comprenait pas un traître mot, tout était trop vague, oui, bien trop flou, elle ne comprenait pas. La responsable du « village » ne sembla pas s’offusquer de cette manière de s’adresser à elle et ne tourna même pas la tête. Cependant, elle reprit une fois encore.

     

    -          Nous ne savons rien d’eux hormis le fait que cet ordre n’est constitué que d’hommes. Depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, je ne sais pas comment j’ai atterrit là ni même pourquoi mais ce que je sais c’est qu’ils nous chassent, oui, comme de vulgaires animaux, ils jouent avec nous et une fois qu’il nous ont pris au piège…

     

    Elle ne termina pas sa phrase, le sac était prêt et saisissant le frêle poignet de la nouvelle, elle l’entraîna à sa suite, sortant de la maison. La jeune femme suivit sans broncher. Tout cela était beaucoup trop irréel, elle devait rêver oui cela devait être ça, tout cela n’avait pas lieu d’être. Sortant, le vent lui glaça les os, à moins que ce soit en fait l’atmosphère qui régnait dans ce village qui lui donnait la chair de poule. Devant elle, des dizaines de personnes silencieuses et marchant toutes d’un pas rapide, se pressaient vers l’autre extrémité du village. Apparemment elles étaient dans les dernières. Que fuyaient ils vraiment ? Elle voulait le voir, oui, elle n’y croyait pas. Pourtant, à peine eut elle tourner la tête vers la partie maintenant déserte qu’elle entendit une déflagration suivie de près par une explosion. La jeune femme écarquilla les yeux de surprise alors qu’à travers le brasier des silhouettes noires apparaissaient. A cheval pour certains, à pieds pour d’autres, ils étaient une dizaine et avançaient vers les villageois presque tranquillement. Elle sentit soudain qu’on la tirait en arrière. C’était Syl’ïn qui l’entraînait. Leur arrivée avait crée un véritable mouvement de panique. Tous s’étaient mis à courir vers le champ qu’il semblait y avoir un peu plus loin.

     

    -          Si jamais on devait se séparer, va dans les champs ou les endroits sombres, tu y trouveras sans doute de l’aide.

    -          Mais…

    -          Comment t’apelles tu ?

    -          Elshann.

    -          Dépêches toi Elshann.

     

    Elle tourna la tête pour tenter d’apercevoir les hommes mais n’en vit que quelques uns. L’un d’entre eux leva le bras en direction d’un petit groupe et une autre déflagration retentit suivit d’un cri déchirant. Il avait touché quelqu’un… Elshann s’arrêta, lâchant la main de Syl’ïn qui se tourna vers elle lui criant de venir mais la jeune femme n’entendait pas sa voix à travers le tumulte. Le regard rivé sur la scène qui se déroulait un peu plus loin, elle vit la fille touchée tenter de se redresser. L’homme paraissait sourire. Il laissa le temps à sa victime pour essayer de fuir avant de tirer une autre fois, dans le ventre cette fois ci. Elle s’écroula de nouveau, gémissant de douleur. Elshann quant à elle n’avait pas bougé et ce ne fut que lorsqu’elle entendit un troisième coup partir et les cris se taire qu’elle réagit enfin et se remit à courir avec frénésie. Elle ne l’avait pas vu, mais n’était pas la seule à avoir été comme hypnotisée par ce qu’il venait de se passer. Quelques autres personnes s’étaient elles aussi arrêtées. Cependant Elshann était la seule à avoir regardé aussi longtemps, jusqu’à la fin en fait. Cependant les autres étaient maintenant plus loin et pour se protéger il lui fallait un groupe, ne pas s’éloigner d’eux. Tentant de faire abstraction du souffle qu’il lui manquait déjà, elle continua de courir, rattrapant le groupe dans les champs qui prenaient inexorablement feu derrière eux, preuve qu’ils étaient toujours suivis. Elshann se décala légèrement sur le côté en entendant des bruits de sabots et ce fut la personne devant elle qui s’écroula. Elle vit alors qu'ils s'approchaient d'une masse sombre dans laquelle les premiers pénétrèrent sans ralentir. Malgré la lune qui éclairait quelque peu leur chemin, elle eut du mal à reconnaître une forêt. Oui, des bois. Tournant la tête, elle ne remarqua qu’à ce moment là qu’ils la longeaient déjà. Essoufflée, elle fut forcée de ralentir un peu la cadence mais consciente qu’ainsi elle serait à découvert, elle avisa d’un minuscule chemin et s’y engouffra, trottina encore quelques instants avant de s’arrêter, à bout. S’adossant à un arbre, elle prit le temps de reprendre un peu sa respiration. Ce ne fut que lorsqu’elle cru entendre un bruissement qu’elle reprit la route, ne sachant pas où elle allait mais y allant d’un bon pas, elle ne sentit qu’à cet instant à quel point elle était fatiguée.

     

    Où était elle tombée. Tout lui paraissait tellement irréel… Trop sans doute et pourtant elle ne tenait pas à voir ces hommes, oui, elle voulait vivre encore. Elle ne savait pas pourquoi en fait elle tenait à la vie. C’était vrai. De là où elle venait, elle n’avait pas grand-chose. Si, une famille mais elle avait toujours eu l’impression d’être un poids pour eux vu son sale caractère. Qu’avait elle d’autre. Des amis ? Si peu. Ou plutôt, elle connaissait pas mal de monde mais tout cela n’était rien. Ils devaient déjà l’avoir oubliée. Même ceux qui avaient été là lors de moments difficiles avaient décidés peu avant qu’elle ne se retrouve ici, de la laisser de côté pour ne se consacrer qu’à eux. Pour quelles raisons ? Elle n’en savait rien mais pensait avec amertume que c’était du fait de son caractère. Elle avait souvent été trop honnête avec eux. En plus elle manquait de tact et disait bien souvent les choses telles qu’elle les pensait, ce qui n’était pas forcément de la meilleure façon. Etrangement ces pensées lui serrèrent le cœur mais pas tant que ce qu’elle aurait pensé avant. Elle s’était fait une raison dirons nous. L’amitié… Sa définition n’était pas la même pour elle et les autres. Tant pis. Ce n’était pas tant pour cela qu’elle renoncerait à sa vie. Peut-être estimait elle simplement la vie qui lui avait tant donné, peut-être ne reniait elle simplement pas les émotions qu’elle ressentait, oui, elle aimait la vie et comptait bien la savourer encore quelques temps. Elle ne voulait pas « mourir » maintenant et comptait bien quitter cet horrible endroit. Cet endroit d’ailleurs c’était où ?

     

    Un craquement la sortit soudain de ses pensées. Se retournant, elle vit plus loin une silhouette se diriger vers elle. On l’avait suivie ? Non. Elle se remit à courir sans demander son reste, les bruits de pas de l’autre se rapprochant inexorablement. Se prenant les pieds dans elle ne savait quoi, elle tomba lourdement à terre. Se redressant pour continuer, elle se rendit en fait compte que ses chevilles étaient nouées ensemble et qu’une chose non identifiée la tirait lentement vers l’homme. Tentant de s’agripper à ce qu’elle pouvait, elle ne trouva qu’un morceau de bois, qui partit avec elle car n’était retenu par rien. Une simple branche. La panique commençait à la gagner au fur et à mesure que l’homme la tirait à lui. Finalement, une voix s’éleva dans le sous bois. Elle ne comprit pas ce qu’il avait dit mais su que c’était « lui » qui avait parlé, celui qui l’avait attrapé. Elle attendit un court instant avant de se retourner brusquement sur le sol, envoyant la branche droit dans la tempe de l’homme qui relâcha sa prise avant de tomber en arrière. Le fils avec lequel ses pieds étaient retenus se desserra. Se redressant, elle repartit en courant. Elle ne su pas combien de temps elle avait tenu l’allure mais jamais elle n’aurait cru tenir aussi longtemps, ni courir aussi vite en fait. Après un temps indéfini pourtant elle s’arrêta enfin, toussant tout en tentant de reprendre son souffle. Sans s’en rendre compte, elle était parvenue à côté d’un autre petit chemin. Sortant prudemment des bois, elle regarda de chaque côté du sentier. Personne. Cependant elle pouvait distinguer clairement une maisonnette au bout, maisonnette éclairée. Tout ce qu’elle demandait c’était un peu de repos, rien de plus. Que cela s’arrête… Surtout qu’elle n’avait rien fait de mal, si du moins l’on enlevait le fait qu’elle ait tourné en ridicule plus d’un homme, qu’elle en ait frappé un autre étant jeune, de manière plutôt malsaine ainsi que quelques détails du même genre… Mais ce n’était que des jeux d’enfants, elle avait cessé cela il y avait quelques années. Cela ne pouvait pas être l’enfer quand même ?! De plus… Elle n’était pas croyante. Rien de tout cela ne méritait la mort ou de subir quoi que ce soit de ce type. Elle n’était certes pas un exemple de sainteté mais tout de même…

     

    Continuant de marcher inexorablement vers la maisonnette mais demeurant perdue dans ses pensées, elle n’entendit pas les bruits de pas qui de nouveau étaient présents. Plus proches qu’il n’y paraissait d’ailleurs. L’homme sortit soudain des bois devant elle. S’arrêtant net, son cœur s’emballa de nouveau. Comment avait elle pu être aussi stupide pour ne pas le remarquer ?!  

    L’homme sortit une arme à feu qu’il pointa sur elle. Non ?! Il allait la tuer ? Il fallait qu’elle réagisse…

     

    *Allez, que je bouge, que je fasse quelque chose ?! *

     

    Supplia-t-elle mentalement alors que son corps, comme paralysé refusait de faire ne serait ce qu’un léger mouvement. Il se mit même à trembler après qu’elle eut croisé le regard de son futur assassin. Ses yeux ne semblaient rien refléter d’humain. Du moins, cet humain lui faisait peur. Cette expression de satisfaction à la limite de la cruauté et encore plus allié au sourire qu’il avait en cet instant. Elle n’aurait à coup sur même pas été étonnée de voir deux canines pousser subitement… Cependant cela ne se produisit pas et au contraire, une déflagration retentit. Elshann ressentit une vive douleur au niveau du bras droit. Baissant la tête, elle vit quelques gouttes carmines couler le long de la blessure heureusement peu profonde. Avait il fait exprès de la rater. A en juger par son expression… Oui. La jeune femme recula d’un pas alors qu’il baissait légèrement le canon pour viser les jambes. Il voulait jouer avec elle… la tuer à petit feu ? Mais bon sang c’était quoi cet endroit. L’homme allait tirer mais une femme apparue au bout du chemin et interpella l’homme en un ordre unique, celui de cesser ce qu’il était en train de faire.  L’homme tourna la tête vers la femme bien plus âgée que ne le laissait présager sa voix. Il la mit en joug et elle se contenta de hausser les sourcils d’un air interrogatif. Elle lui signifia la seconde d’après qu’elle le craignait aucunement.

    Elshann en attendant suppliait silencieusement sa volonté d’agir enfin, de faire quelque chose. Sans savoir comment ni pourquoi, quelque chose de froid, glacé même, sembla toucher la paume de sa main. Refermant le poing dessus, elle couru subitement vers l’homme dos à elle qui en entendant les bruits de pas précipités se tourna vers elle. Elle était déjà à son niveau. Se jetant en avant, elle tomba avec lui, le plaquant par terre. Se redressant précipitamment, elle vit du sang tâcher les vêtements de l’inconnu au niveau du torse et en particulier du cœur. Une vague de panique la prit. Elle… Elle venait de tuer quelqu’un.

    Certes ça avait été pour se défendre mais dans ce cas pourquoi avait elle cette impression ? Impression d’avoir fait une énorme bêtise et que rien de cela n’allait arranger la situation. Sentant toujours une chose froide dans sa main, elle baissa les yeux dessus mais ne vit rien… La sensation disparue soudainement elle aussi si bien que la jeune femme ne su vraiment comment prendre cela. Tremblant de nouveau, des larmes embuèrent ses yeux alors que la dame âgée qui avait pris sa défense était déjà auprès de l’homme et lui caressait doucement les cheveux le temps qu’il rende son dernier souffle, ce qui ne tarda pas. Il était mort sans un mot, sans une parole mais avait eu un sourire désolé envers Elshann qui se sentit encore plus coupable. La vieille femme se redressa enfin et contempla la frêle et impulsive jeune femme durant quelques secondes avec cet air grave qu’ont toutes les personnes d’un certain âge.

     

    Tout s’évanouit. La jeune femme demeura seule un instant comme plongée dans le noir. Après quelques temps, elle rouvrit les yeux pour découvrir les murs qu’elle connaissait si bien.

     

    « Yume… »

     

    Ce n’était qu’un murmure mais il la rassura comme jamais. Elle laissa quelques silencieuses larmes couler sans raison apparente. Encore l’effet de ce rêve. Ca lui arrivait de temps en temps… Plusieurs choses semblaient cependant être différentes dans ce rêve. Déjà la présence qu’elle avait sentit tout le long. Le réalisme également, d’habitude, elle savait que c’était un rêve et se laissait simplement entraîner. Sans pouvoir l’expliquer, elle trouvait plein de petites choses, des détails mais qui à ses yeux avaient leur importance, qui tendaient à rendre ce rêve bien trop réaliste à son goût. Notamment les sentiments et les impressions qu’elle avait toujours… D’un revers de manche, elle essuya ses larmes. Elle ignorait cependant qu’elle n’était pas la seule à avoir rêvé.




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